Bilan de 3 ans sur Akamusic

Ici je rapporte la réponse d'Akamusic (texte en bleu) à mes interrogations (voir billet précédent : Happy Birthday Akamusic), réponse postée par Akamusic aujourd'hui sur le blog du site, et que j'analyse ici au fur et à mesure.

D'abord, merci à Akamusic d'avoir pris le temps de répondre.

"Concernant les revenus et les ventes, ce sont en effet des chiffres que nous ne communiquons pas publiquement, comme aucun de nos concurrents, pour des raisons évidentes de concurrence, justement!"

Voir exemple sur une estimation de ces chiffres chez MMC (liens suivants sur les disques de Grégoire, et le communiqué de MMC). Notez également que MMC livre un bon suivi de l'aventure MMC/book qui vient d'être lancée en mai 2010, avec le suivi des échos dans les médias (le bilan de MMC/book). Je trouve que de telles informations manquent terriblement de la part d'Akamusic, concernant le suivi des ventes des mp3 et CD, ou la revue de presse.

Donc, pourquoi MMC s'amuse-t-il à communiquer de tels résultats ? et pourquoi Akamusic s'amuse-t-il à "cacher" tous ses résultats ? Je crois que MMC joue la carte de la transparence alors qu'Akamusic celle de l'opacité.

Une autre remarque est que ce que les producteurs (ils sont plusieurs sur le site) n'ont cessé de réclamer c'est de connaitre le chiffre des ventes (physiques et mp3) et non le chiffre d'affaire d'Akamusic. Ce qui intéresse les fans-producteurs, ce n'est pas le gain qu'Akamusic pourrait faire, mais combien leurs artistes vendent, ce chiffre qui traduit leur popularité et donc l'aboutissement d'un projet album. 

Mais ce qu'on communique aux producteurs ce sont les "revenus nets" (et non bruts), et aucune info sur la part des disques réellement vendus, et celle reversée aux "intermédiaires" ou autre. Et Akamusic se réfugie toujours derrière cet argument oiseux que c'est une information "confidentielle" (en raison de la concurrence) ou encore qu'une minorité de producteurs seulement forme les vrais investisseurs (donc, ce n'est pas la peine de communiquer ces info capitales, puisque c'est réclamé par une "minorité", je ne comprendrai jamais le monde du showbiz).

"En termes de partenariat, en trois ans, nous avons noués des partenariats avec la RTBF, Skynet, les salles de spectacles des Casinos Partouche où se produisent maintenant en showcase tous nos artistes qui sortent un album ainsi que différentes salles de concert,… Nos artistes ont été diffusés sur la plupart des radios nationales en France et en Belgique et nous avons montés plusieurs opérations avec différentes radios et quotidiens, réalisé des co-éditions, mis en compilation plusieurs artistes un peu partout dans le monde."

C'est ce genre d'information que je trouve plus intéressant pour les fans et producteurs. Quelles radios diffusent nos artistes ? A quelle fréquence ? Quelles sont ces opérations et avec quelles radios ?... etc. Aucune newsletter d'Akamusic n'a jamais mentionné ces salles de spectacle (Casinos Partouche) par exemple, pourquoi ? Je crois que ces informations dressent mieux le bilan de ces 3 ans, et "parlent" davantage à un producteur que le nombre d'affichage des pages du site, par exemple.

"Quand aux résultats d’albums à 50.000€. Kandy a été chroniqué dans la plupart des grands magazines musicaux français, Lucie Bernardoni a été invitée dans les émissions télé et radio les plus connues, Reyz est déjà diffusé sur la plus grande radio nationale belge,… Je doute que vous puissiez trouver, à part chez les majors, beaucoup de labels qui font aussi bien en France ou en Belgique. Et nous continuons à mettre en place des actions ponctuelles, pour attirer de nouveaux auditeurs et pour étendre la renommée de nos artistes, même ceux sortis il y a plus longtemps.

Bref, contrairement à ce que vous laissez penser, nous n’avons pas à rougir ni des nos actions, ni de nos résultats en promotion."

Alors communiquez ces actions et leurs résultats à vos producteurs.

"Là où vous avez raison, c’est que les ventes ne suivent pas autant qu’on le souhaiterait. Ce n’est un secret pour personne, l’industrie du disque se porte mal, les bénéfices liés à la vente de musique sont en chute libre depuis 10 ans, et ce sont les plus petits qui en sont les premières victimes. Cela nous oblige à chercher de nouvelles manières de tirer un bénéfice sur la musique, pour permettre aux artistes de continuer à vivre et à créer."

L'industrie du disque se porte mal, généralement oui, car certains artistes vivent encore et très bien de la musique (signés sur des major ou non). Akamusic devrait rapidement trouver ces nouvelles manières de tirer un bénéfice de la musique, forte de son expérience depuis 3 ans. Sinon cette maison de disque n'aura plus aucune raison d'exister : les artistes continueront de s'auto-produire comme avant.

"La solution, elle n’est plus que dans les radios, les télés et les journaux. Nous pouvons passer aux meilleures heures d’audience sur les plus grandes chaines de TV, cela ne changera pas tout aux ventes. Il faut que le business de la musique se réinvente, et soyez certains que nous explorons toutes les possibilités pour y arriver. Et nous sommes ouvert à toutes vos suggestions."

Il faudrait nuancer encore plus cette affirmation car passer aux meilleures heures d'audience sur les plus grandes chaines de TV (d'abord françaises ou belges ?) peut multiplier les ventes et donc tout changer. Toujours chez MMC, des artistes comme Stromae, Joyce Johnathan ou plus récemment Irma (des artistes dont personne ne connaissait l'existence il y a 2-3 ans) couvrent maintenant régulièrement les affiches publicitaires, dans la rue, sur le net, sur les antennes, les plateaux, ou encore Grégoire qui ne désemplit pas les "prime time" (résultat direct : disque double platine). Elle a signé avec une major mais Selah Sue n'a commencé à réellement se faire connaitre qu'après cette grosse campagne de promotion initiée avant la sortie de son EP (web, web-radio, quelques radios belges locales) ; puis le buzz a pris de l'ampleur et la campagne s'est maintenue à travers les radios belges, françaises, plateaux TV FR et BE. Et curieusement, à l'apogée des passages TV, l'EP était (elle l'est toujours et j'espère que cela continuera) en tête des ventes sur iTunes. Donc il n'y a pas de mystère, qu'un artiste soit "major" ou non, la TV est encore la plaque tournante pour ouvrir aux artistes un plus grand "marché", définitivement. Les TV/radio nationales restent le coeur moteur de l'industrie du disque, sinon, expliquez-moi pourquoi on consacre autant de temps et d'argent à faire des clips, à marchander des passages à la radio ou sur le petit écran... etc ?

"Enfin, au-delà des aspects financiers qui préoccupent une minorité de producteurs, nous voyons surtout beaucoup d’internautes qui ont découvert des artistes formidables, des artistes qui peuvent compter sur des fans indéfectibles, et même si cela vous semble sans doute anodin, je pense que cela compte beaucoup pour ces artistes et ces fans."

Même si l'aspect financier à proprement parler ne préoccupait qu'une minorité de producteurs (ce qui n'est pas vrai), TOUS les producteurs s'inquiètent de savoir si leurs artistes finiront un jour par réaliser leur rêve, ce rêve n'étant pas uniquement d'enregistrer un CD et de le garder au fond d'un tiroir. Comme je doute fort que le but d'un artiste soit de boucler une production pour entretenir ce merveilleux lien avec ses fans-internautes qui viendront lui rendre visite à ses concerts... par groupes de 10 voire de 100, je doute fort aussi que l'issue de l'aventure sur Akamusic, pour un artiste, soit de compter sur ses centaines ou 1000 fans (tout au plus, sur le site Akamusic) pour les faire connaitre dans toute la France, ou toute la Belgique. Donc, pour traduire ce souci de savoir si le rêve se concrétisera un jour ou pas, je ne vois pas d'autres manières de jauger la situation que d'obtenir des chiffres : ceux des CD ou mp3 vendus par l'artiste ou ceux des passages radio/TV/ bref médias nationaux. 

B.

Commentaires (7)

1. DESIRELESS 22/10/2011

MÊME SI LE TRAVAIL D'AKAMUSIC N'EST PAS FACILE ...
LES SEULS A ÊTRE REMUNERES ... CE SONT EUX ET TOUS LES INTERMEDIAIRES ... AU FINAL ...
ON N'EST PAS DANS LA M---E !!!

2. Yann 09/06/2011

Bonjour,

Quelques précisions:

- My Major Company et aucun autre label ne donne de chiffres de vente. D'une part parce qu'ils sont très difficile à obtenir, en fait. D'autres part, parce que ces chiffres ont une importance stratégique. Néanmoins, si vous avez les chiffres de ventes des artistes MMC (à part double disque de platine, qui ne veut pas dire grand chose, puisque attribué selon le nombre de disque placés en magasins), cela nous intéresse ;-)

- Concernant les endroits où vous pouvez trouver les informations sur la promo, je vous renvoie vers ce post de blog que j'ai écrit où je donne quelques pistes. Si vous avez des idées des canaux à utiliser en plus pour mieux vous communiquer l'information, je suis prenant (http://blog.akamusic.com/2011/03/ou-recevoir-linformation-sur-vos-artistes/)

- Si vous pensez que la seule valeur ajoutée d'un label est le marketing, vous vous trompé. Nous avons un rôle artistique qui consiste à aider des artistes sans aucune expérience à se professionnaliser. Nous avons un rôle administratif important pour permettre aux artistes de réclamer un maximum de droits (ce qui est loin d'être évident). Nous avons par ailleurs un rôle communautaire qui dépasse le cadre du marketing. Ce n'est pas parce que le volet économique n'est pour le moment pas satisfaisant que le label perd toute raison d'existence.

- Je pense que vous vous trompez concernant la TV. Nous l'avons constaté, la TV et encore moins la presse ne font vendre de musique. La radio, oui nettement plus.

- Certains spécialistes marketing affirment au contraire qu'il suffit de 1000 véritables fans pour construire un produit rentable... Mais notre espoir est évidemment de faire exploser des artistes publiquement... ce qui n'est pas toujours synonyme de bénéfice. Selah Sue que vous citez actuellement coute de l'argent largement plus qu'elle n'en rapporte, par exemple...

- Akamusic n'utilise pas l'argent que les producteurs misent sur des productions non terminées. Nous sommes à tout moment capable de rembourser l'ensemble des sommes libres sur le site. Les intérêts de ces sommes ne dépasse pas quelques centaines d'euros par ans (puisqu'elles sont sur des comptes courant et pas investies dans des placements bloqués)

- Les sommes réunies pour les productions servent à payer tous les intervenants pour la réalisation de cette production. Elle sert donc à payer les indépendants et les artistes qui travaillent sur les projets, mais également les personnes qui font le suivi et le marketing du projet, dont certains font partie de l'équipe fixe d'Akamusic. Tous les artistes ont accès au budget de leur production, à la manière dont l'argent est dépensé. Ce n'est pas à nous de révéler les priorités financières et les coûts de production de l'album d'un artiste, mais à lui-même, s'il le souhaite...

J'espère avoir pu répondre à vos questions

Yann

3. 12/05/2011

Bonjour Albatros,

Je crois que vous voyez juste quant aux principales recettes d'Akamusic. Jusqu'ici aucun artiste 100% n'a défrayé la chronique comme l'avait fait Grégoire dans son temps (sortant d'MMC). Aucun artiste 100% Akamusic n'a donc été "rentable" et même, aucun n'aurait encore réussi à écouler plus de 10 000 ou 16 000 exemplaires, ce qui -selon Akamusic- est le seuil de ventes à franchir pour commencer à rentabiliser.

Par contre, je ne mets pas en cause ce système d'argent bloqué qui sert finalement à payer les gestionnaires et employés d'Akamusic. Pourquoi travailleraient-ils "gratuitement" ? Il y a plusieurs tâches "de fond" qui sont effectuées et qui ne dépendent pas du succès des artistes Akamusic (maintenance du site, achat de serveurs, développement d'outils web ou autres, produits divers et variés notamment pour la promotion de certains artistes avant leur 100%).
Cela semble injuste que ce soit cet argent misé sur des artistes qui n'arriveront peut-être jamais au 100%, que ce soit cet argent-là qui finance toute le machinerie. Mais c'est la règle du jeu. Les bénéfices de l'argent longtemps bloqué ne profiteront donc sûrement pas à ces artistes (ni à leurs producteurs) qui en sont la principale source, mais peut-être aux autres plus chanceux qui ont atteint les 100% en un temps record. D'où l'intérêt pour les producteurs sérieux de se rassembler pour clôturer les producteurs le plus tôt possible
B.

4. albatros 12/05/2011

Un coucou amical à buanalili dont je salue la fidélité à la cause des artistes, malgré certaines désillusions dues à la non-transparence qui est le choix d'Akamusic, les résultats post-production ne leur permettant pas d'en tirer gloire, ils préfèrent les garder confidentiels.
Bien sûr qu'Akamusic se rétribue aux divers stades de la production, mais j'en viens à me demander si le principal revenu d'Akamusic, dans l'attente d'un vrai succès commercial, ne serait pas tout simplement dans les intérêts des énormes sommes bloquées pendant des années sur un compte rémunéré, que les artistes n'atteignant pas leur production seraient finalement tout aussi (peut-être même davantage) rentables que ceux qui réalisent leur single ou leur album ?

5. 19/04/2011

Bonsoir Eviv.,
Merci pour votre commentaire.
Mais d'abord, ce qui est à Caesar, il faut le rendre à Caesar. Akamusic permet de financer des projets d'album et de réaliser ces albums, au même titre que d'autres plateformes de production participative avec différentes configurations (parts misées, limite des parts, durée des mises, partage des "gains"… etc). Les productions participatives ont le mérite d'ouvrir pour les indépendants une porte définitivement condamnée chez les majors. Voilà pour ce qui est dû à Caesar.
Pour le reste, la manière dont l'argent de la production est géré, ce que coutent les choix artistiques, les studios, les sous-traitants de ceci ou de cela, je ne peux rien avancer pour la simple raison que cette étape post-production est entourée d'une nébuleuse nébulosité… Je tente une explication de ce qui reste à ce jour incompréhensible -pour moi :
-Une somme est réunie pour financer la production.
-La production à proprement dit est financée par cette somme-là (donc tous les intervenants sont en principe payés).
-Le produit sort en vente.
-On commence à rembourser d'abord des frais d'Akamusic (je ne sais pas lesquels, à quel titre, les salaires des employés ?), des taxes, d'autres sous-traitants (par exemple les distributeurs, Universal ou que sais-je)
-Ce qui reste, la recette nette (de tout un tas de frais que les producteurs croyaient avoir déjà financé) est partagé en 20%, 40%, 40%.
Merveilleux, non ?
Enfin, pour revenir à votre dernière remarque, il faut savoir qu'à la décharge d'Akamusic, personne n'oblige un producteur à "mettre la main au portefeuille", c'est un acte volontaire (peut-être est-il téméraire ou irréfléchi mais il reste toujours volontaire).
On peut aussi avoir différentes motivations (intéressées ou totalement généreusement non-intéressées) qui poussent à "mettre la main au portefeuille", cela n'empêche que cet engagement des producteurs-internautes devrait au moins être salué par une marque de respect de la part d'Akamusic, avec un chouia de transparence dans la gestion de l'argent de la production, post-production et (rêvons éveillés) des ventes.
B.

6. Evivbulgroz 19/04/2011

Aka n'est de toute manière jamais perdant : ils se rémunèrent comme producteurs artistiques, comme attachés de presse et autres métiers liés à la musique ... Tout ça sur le dos des "producteurs" qui ont juste le droit de mettre la main au portefeuille.

7. Evivbulgroz 19/04/2011

Aka n'est de toute manière jamais perdant : ils se rémunèrent comme producteurs artistiques, comme attachés de presse et autres métiers liés à la musique ... Tout ça sur le dos des "producteurs" qui ont juste le droit de mettre la main au portefeuille.

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